Historique de l’entreprise

Bretz a 125 ans !

125 années. Un telle longévité est extrêmement rare dans le secteur de l’ameublement. Peut-être existe-t-il quelques marques qui sont aussi anciennes et qui sont dirigées en continu par la même famille mais aucune n’a probablement connu une transformation aussi radicale que Bretz: du fabricant de meubles en série à la petite manufacture raffinée, des meubles standards robustes à des meubles capitonnés à la fois raffinés et originaux. Ils sont aussi spacieux que confortables, souvent de forme peu conventionnelle, toujours recouverts de velours et multicolores comme les oiseaux du paradis, précisément des « True Characters », telles les personnes dans les coulisses de l’entreprise : très dynamiques, ambitieuses et persévérantes. C’est ce qui a permis à l’entreprise Bretz de se transformer tout en restant fidèle à elle-même.

L’histoire

Johann Bretz, fondateur de l’entreprise, avait ses propres idées. Le sixième enfant d’une famille de paysans de Gensingen abandonne son premier métier de ferblantier appris juste après les années de voyage pour se mettre à son compte en tant que matelassier. En 1895, il crée sa première usine. Son fils Alexander qui élargit l’offre en proposant des meubles rembourrés et augmente le nombre de collaborateurs à 100, se retrouve sans rien après la 2ème guerre mondiale. Les raids aériens ont complètement détruit l’usine. Il la reconstruit immédiatement. La troisième génération représentée par Karl-Fritz Bretz connait l’apogée au milieu des années 1970 lorsque l’entreprise compte 1600 collaborateurs mais aussi le déclin suite à la crise pétrolière, la récession et l’acquisition malchanceuse d’une autre entreprise. En 1986, il dépose le bilan. L’année suivante, il recrée l’entreprise avec cinq anciens collaborateurs. Il demande le soutien de ses fils et entre ainsi dans une nouvelle ère.

La transformation

« En fait, c’était complètement
fou » explique Norbert Bretz à propos de la décision de sauver l’entreprise en 1992 avec son frère Hartmut. Ils l’avaient promis à leur père alors qu’ils avaient quitté Gensingen depuis longtemps, avaient d’une part des carrières tout à fait différentes et des emplois très attractifs en perspective. D’autre part, ils avaient tous les deux grandi avec les meubles et l’entreprise, avec l’esprit de famille et le sens des responsabilités vis-à-vis de la région où Bretz avait été le plus important employeur. L’ambition a, bien entendu, également joué un rôle important, « L’idée nous a tout simplement tentés ».

Ainsi, Norbert et Hartmut Bretz se lancent dans l’aventure. Ils abandonnent les meubles créés
pendant des décennies par l’entreprise, des tables design au baroque de Gelsenkirchen et misent
rapidement sur des canapés et des fauteuils dans un style bande dessinée et Keith Haring, avec leurs contours subtils et leurs couleurs chatoyantes.

« Cela nous a plu » précise Norbert Bretz et il en allait de même pour la génération New Economy qui gagnait à l’époque beaucoup d’argent sur Internet. Lorsque les copies bon marché arrivent d’Europe de l’Est, les frères font de l’entreprise ce qu’elle est aujourd’hui : une marque de luxe qui cultive résolument l’exagération : extra-grand, extra-coloré, extravagant et qui est devenue ainsi une marque originale et couronnée d’un succès mondial. Environ 90 personnes travaillent actuellement à nouveau à Gensingen. En plus de concepts shop-in-shop, il existe notamment 6 boutiques propres, 9 boutiques tenues par des revendeurs et une part d’exportations de 40%.

1895

2020

La fabrication

« Say no to normal », tel le nouveau slogan. Celui-ci ne s’applique dans le design que si la finition suit la même voie. Un capitonnage avec des renfoncements ultra-profonds, formant des carrés précisément déformés comme sur le best-seller « Cloud 7 », il faut d’abord pouvoir le fabriquer ! Ou bien réaliser un capitonnage côté à côte non seulement sur le dossier et l’assise mais aussi sur toute la structure du canapé, comme dans l’ensemble « Cocoa Island ». Ne parlons pas des accoudoirs hélicoïdaux du « Gaudi » ou du bord étroitement plissé et du passepoil extra-épais qui caractérisent le canapé « Ohlinda ». Pour chaque nouvelle création, les couturières et les tapissiers donnent le meilleur d’eux-mêmes et quand on visite les vastes ateliers à Gensingen, on perçoit tout de suite le lien étroit entre le design et l’artisanat ainsi que tout le savoir-faire qui est mis en oeuvre. Le nouveau canapé « Moonraft », par exemple, est censé transmettre la sensation de flotter » comme l’explique Norbert Bretz. Il est entièrement composé de tubes continus capitonnés, comme les compartiments d’un matelas pneumatique. Afin que les tubes paraissent aussi légers que s’ils étaient remplis d’air, mais qu’ils restent droits et stables, le rembourrage n’a pas pu être simplement cousu sous le revêtement. Chaque tube a été équipé d’une enveloppe propre, laquelle a été munie d’une propre fermeture éclair. Tout à la main. Tout made in Germany. Et tout en teamwork.

Le processus de création

Chez Bretz, la création s’opère presque exclusivement en interne. Elle a débuté avec des canapés et des fauteuils conçus par Norbert ou par Hartmut Bretz. Tous deux sont diplômés en gestion d’entreprise. Ils ne sont pas créateurs mais ils ont acquis, grâce à leur pratique, des perspectives intéressantes dans le métier de tapissier. Ils ont également suivi leurs propres goûts et leur intime conviction que la création n’est pas seulement le design d’un meuble mais surtout la discussion à ce sujet. Cela signifie pour les deux frères discuter. Tous deux pensent que discuter est particulièrement astreignant mais extrêmement fructueux.
Ainsi, une culture du débat ouvert caractérise toute l’entreprise et surtout le processus de création. Carolin Kutzera participe également essentiellement à la discussion. En tant que fille de Hartmut Bretz, elle représente la cinquième génération dans l’entreprise et y travaille depuis 2009. Après des études de créatrice de mode, elle a, dans un premier temps, travaillé comme directrice artistique, a pu faire son MBA en parallèle, puis a remplacé son père à la direction de l’entreprise en octobre 2018. À présent, elle dirige l’entreprise avec Norbert Bretz.

L’avenir

Carolin Kutzera a fait ses études à Milan et à Paris. Elle a travaillé à Londres et a beaucoup voyagé avant de rejoindre l’entreprise. « Je voulais d’abord voyager et apprendre à connaître le monde » dit-elle. « J’adore découvrir des choses différentes et nouvelles ». Et parce qu’elle est convaincue qu’il en va de même pour les clients de Bretz, l’entreprise devrait, de par son histoire, son savoir-faire et son ouverture sur le monde, pouvoir se faire davantage connaître à l’avenir, dans les boutiques et en ligne où des films spécialement réalisés peuvent être visionnés 24 heures sur 24. « De nombreux clients sont déjà bien informés quand ils arrivent dans nos boutiques. Ils sont donc d’autant plus intéressés par la façon dont leur canapé est fabriqué, par les matériaux qui sont utilisés et par les valeurs de l’entreprise » observe-t-elle. L’objectif est se faire davantage connaître au niveau international à l’avenir, bien au-delà de l’espace germanophone. La numérisation suscitant la nostalgie du toucher et du « mode déconnecté », une manufacture comme Bretz peut miser sur l’étiquette « Made in Germany ».